Extrait de Zonzombre et lumière:
Dedans – dehors, c’est le bit d’en zonzon.
Mon cul pour biopore, sa bite pour prise jack mon corps pour domaine d’exploitation, je suis son pod petitesse nature, tétons boutons, matière grise extension mémoire, positions jeux d’arcade, mouvements stratégies de combat, doom analboomboom, sims dont j’suis la city. Je trace, rase, ma race le long des murs d’immeubles sans âme sauf celle de Yaya le cul sur son vélo et sa casquette sur la tête, lunettes sur le nez, il glisse jusqu’à moi, dérapage des semelles élimées. Tête réjouie, inhabituel chez lui, trois phrases sans interruption, très inhabituel, il me cache quelque chose. Ses pupilles en tête d’aiguille me livrent quelques enseignements sur la teneur de la cachotterie, lorsqu’il a une idée derrière la tête, elle se situe généralement au niveau nasal. Il me tend son clope, il suinte les cristaux de brown liquéfiés par la flamme du briquet et la chaleur du foyer. 4, 5 lattes et je sens déjà une légère vague de bien-être, c’est bien de l’héro de bonne qualité. Loquasse et jovial, il me traîne dans le dédale des caves, il veut me payer un trait. J’ouvre deux bières, il réduit en poussière un petit bloc brun sorti d’un pochon champion froissé, ses mains tremblent et la carte de vidéoclub a du mal à ne pas éparpiller la poussière d’étoile pendant que Ziggi Marley entonne son manque du père, une soirée avec Ziggy Stardust, je chavire déjà, le plaisir : arriver devant la lunette des chiottes et attendre… regarder son trait la paille dans le nez, agriculteur de jachère mentale, je tire la trace d’eau, l’essentiel est fait, il n’y a plus qu’à se délecter. La bande de turcs du quartier déboule dans la cave, du bon bordel s’escorte toujours de sa cohorte de sarrasins rasés dégradés à zéro, toutes barrettes tondues, ils m’ignorent ou rient de me voir raide comme l’injustice dont ils sont victimes, j’incarne cette injustice, je serais leur victime. « y’a encore trop de çaifrancs dans ce quartier ! » J’me fais pitié, prisonnier de l’intérieur, désincarné, il me regarde de l’extérieur, je il me regarde luisant de sueur, monstre à quatre pattes, centaure aux cent torts, ermite à la grotte hantée par les flux et reflux des marécages à oiseau rapace, charognard des âmes mortes, acariens de peaux mortes.
Dedans – dehors, c’est le bit d’en zonzon.
Pour obtenir la nouvelle en version intégrale cliquez ici Download ecrivain_copie.jpg
Blvd St Marcel, mon pieu 3h00, je naz’brock en enfilochant quelques fantasmagories, trimballochant mes soucis, effilochant les raisons de ma présence, de mon désarroi… je suis la proie du mauvais œil qui suinte au-dessus du lit ainsi que celle de la mauvaise conversation des voisins qui analysent la soirée de soccer… pourquoi ça sonne occupé ?!!?…il faut oublier si je veux réussir à pioncer, la miss s’oublie en embrassade nerveuse, souffrante et soufflante… je souffre, ça me hante, je souffle, je rampe, le gouffre trempe mes draps… donne moi tes bras… voisins shootés au soccer, supporters de shorts argentés aux trois bandes, signes des Zizou, Lidzarazou et autres business zazou… tu crois que le PSG jouait ce soir… pourquoi ça sonnait occupé… forces décuplées, sex appeal épilé, flamme effilée… elle ne peut m’oublier, j’suis Prométhée, le Zorro à l’épée de feu, zébré de sang de ses griffes félines.
Marais 22h00, je raz’brock en me défilant sous les regards des terrasses, en m’enfilant le bloody Mary à 5 keusses, en effilochant mes mèches de plus en plus longues… sûrement pas blondes. J’suis crade, gueunillé en teenag’ dégénéré mais plais aux hommes… j’aime les regards de ces toc et frime à qui j’aimerais soutirer quelques billets… leurs mèches gominées, leurs torses sûrement épilés, leurs tatouages épurés, leurs tenues ultralookées, leurs visages façonnés, leurs muscles 2B3iés cachent bien quelques billets. Au lieu de ça, un charclo qui traîne et qui vient peut-être de Rennes, me soutire un peu de tabac et quelques feuilles… sûrement pas de blondes… la haine. J’vais pas déjà rentrer dans mon réduit au négligé mobilier. Pourquoi ça sonne occupé ? J’suis reparti pour un tour du marais avec ses crapauds croassant de thune dans un concert d’ivresse sobriété grisement colorée, faussement enjoué.
Rue Mouffetard 1h00, je raz’brock en effilochant les bars, enfilochant les restos, trimballochant mon pack de Neuken dans son sac vert scandant l’enseigne de l’épicier du oinq’. Pas envie de me mêler à la foule parisienne, pourquoi ça sonne occupé ? Pourquoi ça sonne occupé ? Cette Neuken est vraiment chaude. Même une neuken parisienne chaude reste une neuken chaude comme celle d’un kebab en fin de soirée quand les stock de fraîche ont été épuisés par les picolos provinciaux. Ici la bière est la même ! Ma merde est la mienne… pourquoi ça sonne occupé ?… Alcoolique, tu n’es donc qu’un alcoolique… ton cerveau sonne occupé… elle veut t’oublier, s’oublier… pourquoi ça sonne occupé… essouffle, coule sablier… à un autre trop occupée… impossible amour flou à lier… un charclo se vautre dans son ivresse triste et froide, la frontière qui nous sépare ne se compte qu’en années.
Beaubourg 20h30, je naz’brock en m’enfilant des KFC chicken wings, sirotant mon soda sans glace, scrutant l’édifiante population du fast food… the Beaubourg neighborhood. Décidément l’impression de faire tâche dans ce décorum d’uniformes toujours plus excentriques mais pourtant toujours plus formaté. En sortant, j’vais lui téléphoner… je prend mon temps : Il ne faut précipiter le moment de félicité de la soirée… en pensant à la miss j’ai presque le cœur léger… sweet… back in the days when I was a teenage’ et encore capable d’aimer… back in the days… the crazies. J’aurais jamais du prendre la sauce hot épicée de chez KFC, elle enflamme déjà mon tractus digest’, cactus épineux dans mon désert laborieux, envieux de ces oasis insoucieux aux rires puissants et regards dédaigneux pour l’affolé aux cheveux longs qui se casse avec un képa de serviettes du KFC sans avoir débarrassé son plate (prononcez pleit) plein de mayo et de frites froides. Phone call !
Les halles 19h00, je raz’brock enfilochant les fnac rayonnages, trimballochant ma culture surfaite, défilochant devant les rang serrés des fripes officines brillantes comme les pierres blanches du garden of stones… le champ de bataille de la consommation. Le culte du pouvoir d’achat a ses lieux saints, ses temples où les marchands impurs sont maintenant ces fous de dieux harcelant la foule se pressant sur les escalators : « Mon frère ! Où caches-tu ton âme ! Tu renies ta divinité en te souillant dans l’économie de marché ! » Ce genre de diatribe… pas trop porté attention moi non plus aux quelques membres de je ne sais quelle église évangéliste, luthérienne, baptiste, chiite, sunnite… papiste, antipapiste… de toute façon aussi débiles et bêlants que les accros du chéquier, fashion victims à carte bleue sans matière grise, bouffeur de tiers monde, assoiffeurs de sud, suceurs de niakwés, ciment de l’édifice worldcomp’ & Cons…
Bord de Seine 00h00, je raz’brock en lissant les pavés, sifflant «j’appuie sur la gâchette », soufflant sur le brasier de mon estomac stressé… trachée acide, intestin brûlant. Je n’suis qu’un stupide saoulin du jus de tomate/vodka/épices trucideur digestif. J’m’arrache les tifs : toujours personne au bout du fil. Le flot du fleuve parisien colle à celui de Joe reusta… « l’âme stressée, le cerveau compressé, comme usé par la guerre des nerf à laquelle je dois me livrer, subir sans pitié voilà ma vie… noir est la couleur de mon esprit… » Face aux amoureux romantiques s’bécotant après Saint-michel et Saint-germain, j’ai du mal à « supporter le poids d’une vie de raté ». « Je m’isole… je reste seul, seul dans ma tête, libre ! Libre d’être un esclave en fait » de ce téléphone à la litanie entêtante qui me pète la tête. « Ok j’arrête net, j’appuie sur la gâchette. » L’île de la cité lèche les péniches en cécité. Pourquoi ça sonne occupé ?…
Blvd St Marcel, ma boite à chaussure 1h30, je naz’brock en défilochant les chaînes de téloche, effilochant la bande FM, trimballochant mon corps tantôt svelte tantôt moche d’un bout à l’autre du réduit… pseudopode de mes héros aux antipodes… j’vais pas plugger le fridge pour rafraîchir trois neuken qui n’ont que leur lourdeur pour seul mérite… ivresse en kit, quitte for détresse… pourquoi ça sonne occupé ? C’est mon choix à la télé : Je veux que mon mari décide pour moi… là, sur le sujet j’suis plat… encéphalogramme plat, électrocardiogramme ? Ca bat pour la miss qui te met à plat, au pas… vu la gueule de la femme soumise, j’aurais décidé pour elle de la ch’j’ter… c’est mon choix, c’est à chier… cette chiasse qui s’écoule par mes oreilles, entre par mes yeux chasse toute volonté… pourquoi ça sonnait occupé ? J’vais chier… les chiottes sont sur le palier… j’suis à chier mais il faut qu’elle m’aime… bruyante la chasse !
Rue Laplace 00h30, je raz’brock en tâtonnant dans le dédale, m’ennuyant des rues, fuyant le panthéon et ses morts célèbres… rageant contre mon anonymat… envie d’exploser ces mastodontes et d’oser une rencontre… j’tente encore la prochaine cabine… polytechnique rentre posément à la maison, ne vous poser pas de question : C’est la bonne technique… on fête la rentrée chez les bicornes… en parlant de cornu… pourquoi ça sonne occupé ? J’ai raté les happy hours, j’ai beau racler mes largy poches lourdes j’ai vraiment pas assez… plutôt essayer de chopper un pack… on est sensé trouver des épiceries ouvertes jours et nuits… et par la même occaz’ une francetélécombox. Autointox : la soirée n’est pt’êt pas oXcise… enfin un bon air dans le jukebox ? Encore polytechnique y’a vraiment un hic… quartier trop chic… Encore une fois, il n’y aura pas de réplique… le hoquet du téléphone occupé… dame de pic.
Blvd St Marcel, mon hall d’entrée 17h30, je naz’brock en trimballochant mes petites affaires, éfilochant ma vie en quelques cartons, défilochant sous le regard globuleux de la gardienne… sûrement pas une chienne de garde mais elle a tout d’une garde chiourme… j’ai une subite envie de tout j’ch’ter et de rentrer, de me réfugier dans une facilité ébouriffée, de m’aliter au cou de ma fée. Ce soir je l’appelle… la boite à chaussure pleine de cartons semble encore plus ridicule… avec du recule, la proprio profond m’encule… envie de rentrer dans sa bulle heureuse… j’ai les boules de perdre ma muse, elle se perd en ruse… j’suis sûr de rien, séduire c’est bien et la sécurité ne vaut rien, ce soir j’l’appelle… j’installe mon petit monde, j’suis sûr qu’il y avait mieux comme appart mais comme d’hab j’ai pas assuré… presque rassuré de mettre planté… j’ai pas trop changé… pour elle j’ai violé tous mes dogmes… c’est pt’être ça l’ultime preuve d’am’…
Janvier 2001
La voix du violon
Le
violoptère du volcanique soleil levant envoie la tempête du pacifique, volute
de Vénus, sur les rives New-yorkaises philharmoniques des Viennes. La voix et
l’archet, valseuses sans âge du violoncelle, vont en voyage au ventre du bio. Bio :
latin de la vie… latrine de la vie… vitrine de la vie.
Le
long de la varice vénuleuse, le vers à violents
cils vibratils, violoncelle à vibrato, se love à la vascularisation sous
épiderme, s’envole pour une nouvelle vivisection. Là voilà ! L’aventure du
virus de la science auditive. Ce chirurgien de l’oreille interne vrille jusqu’à
l’âme où larvent les rêves… ces paradis volatiles… il trifouille quelques
résonances de son archet, scie les cordes vocales, viole l’intimidité avec ses
hordes barbares de notes vikings… il envoûte les verrous avares.
Du
jus de nos viscères, il n’en fait jaillir aucune vanité mais une plante vivace,
forme de résistance aux intempéries et autres turpitudes sociales. La virulence
épineuse de la rose sauvage coule le long du rhizome vernaculaire et polyglotte,
perle des veines bleues de sève que quelques vauriens viennent invariablement
recueillir en hivers lorsque les conifères vocifèrent sous le velours des
neiges réverbérant les cris des louves en meute. Leur regard vairon sonne comme
un jour de vêpres sous les jupes vérolées d’un ecclésiaste vendéen. Le
ventripotent abbé vendu aux dieux du vau d’or s’énerve sur la table des lois
ignorées par le violon.
Qu’y
a-t-il sous les robes violettes de Vélasquez ? Une larme de bave d’humanité
ou une tournante mentale, un viol de gang cérébral… tournante mentale, viol de
gang cérébral… La voix du violon… tournante mentale, viol de gang cérébral…
tournante mentale, viol de gang cérébral… La voix du violon
Mon ordinateur est une drogue dure, sans cesse
vers l’écran, c’est mon ver, j’suis à cran, le grand ordinateur
me nargue, crane d’un regard inquisiteur, c’est inquiétant j’parle à mon
ordinateur, il argue de grands simulacres que, malgré l’âcre humeur, je
crois, l’ordinateur crucifie mon visage sur le moniteur screen,
imprimé, inscrit, décrit, diodelud d’ordinateur
crame l’NRJ, j’suis proche casse moteur, angoisse de lenteur,
microprocesseur, ordinateur, économiseur d’écran, ventilateur,
souffle iodé de l’ordinateur, sur les plaines du jardin de Boch,
décadence triptyque en binaire, moniteur d’ordinateur, œil big brother,
mimésis trompeuse et trompée de la réalité, double miroir d’ordinateur révélateur,
alphabet originel des grandes profondeurs des cieux, l’ordinateur
narrateur d’or, bonimenteur recruteur, univers vrai parce que factice, omniscience
ordinateur, ordinaire comme l’omniprésence panthéiste, j’aime la
précision suisse de mon ordinateur, une ponctualité d’atomixeur, il
égraine les secondes, toujours à l’heure, l’ordinateur, toujours là, jamais
il ne meurt, sa pulsation diastolique d’ordinateur, électrocardiogramme de
gestionnaire des taches, la sinusoïdale me hache, l’ordinateur is hanging over
your head, épée de Damoclès, j’suis pas Périclès, l’ordinateur me confesse,
me tient en laisse, jamais ne délaisse, comme le crayon, l’ordinateur
blesse, caresse, se désintéresse, l’ordinateur va à la messe, j’bois son
vin, sur mon visage ses mains, grand ordinateur d’hostie imprégnée
d’LSD, il te balance MDMA, THC, ETHANOL, S’K, tout paradis d’ordinateur
est virtuel, l’artificiel il le laisse au réel, sur la CC, l’ordinateur n’a
de cesse, mes mâchoires se serre, me serrer, l’ordinateur en a fait sa
raison de numériser, il me deale sa dope sans espoir, nous sommes 1001, 10110 sur l’ordinateur,
sans renfort et sans Racine, les classiques sont dans les mémoires vive ou
morte de l’ordinateur, on a la même langue mais je ne comprends pas
l’ordinateur, je ne comprends pas pourquoi je m’évertue à être là, sur
l’ordinateur, il est las de moi, je suis las de lui, nous sommes las de
nous, mais l’ordinateur est-il las de lui-même, je suis sa créature, il
est ma créativité, l’ordinateur est mon génie extérieur, que puis-je sans lui,
la vrai question : que puis-je sans l’ordinateur, la technée a technifié le sur moi, asservi Rimbault au
rainbow de la pluie sans eau, ordinateur tu es le grand, le big
ordinateur, la grâce simulée pour nous autres pauvres pêcheurs, elle n’a été miraculeuse que pour les
aveugles en ordinateur, nous aurions voulu de la neige en été, mon
ordinateur
j’ai rêvé que je tuais le 1 et le 0 , que le 1 n’était qu’un 0, que le petit 0
se noyait dans le grand 1, j’ai même rêvé que mon zéro était un un.
